Chers et Chères lecteurs, lectrices,
Chers et Chères abonnés, abonnées,
Chers et Chères amis, amies,
Je suis en silence depuis un peu plus de 6 mois. La moitié d’une année ! Rien n’a germé au Jardin de Sissi
sauf ces trois points de suspension qui vous murmurent que la vie m’est des plus éprouvante ces derniers temps.
Mon cœur s’est écroulé un jour d’hiver. Je me suis trouvée face à face avec la souffrance, celle qui transperce de toute part, celle que l’on ne pense jamais trouver sur son chemin, celle qui
n’arrive qu’aux autres. Et pourtant, elle m’habite, elle est là bien ancrée me tenaillant toute entière.
Que faire ? Comment faire ? Je n’en sais encore rien me trouvant devant un mur d’incompréhension,
d’impuissance, de questions. Je suis totalement désarmée devant l’ennemi invisible et surnois. Je le sais tapi quelque part, profondément enfouit dans une tentative d’oubli total.
Je me bats avec acharnement ignorant contre quoi mais qu’importe. Je me bats, me battrai jusqu’au bout. Contre
vents et Marées. Aussi longtemps qu’il le faudra.
C’est épuisant au point de ne me concentrer que sur ma bataille oubliant qu’il y a un monde qui continue de
tourner…
Je commence à sortir de cette bulle, doucement, prudemment. Je me suis enfermée dans le pays de mes émotions.
Je me suis mise en colère contre la vie.
Qu’ai-je donc pu lui faire pour mériter une telle épreuve ? Que devais-je payer ? J’ai versé un
torrent de larmes. Torrent que j’ai cru tari tellement mes yeux avaient déversé l’eau de ma tristesse.
De timides lueurs de joie dans ces moments sombres m’ont fait croire à de l’espoir, m’ont fait croire que
j’arrivais au bout du tunnel. Elles m’ont tiré des sourires, des rires parfois, elles laissaient éclore de petits nuages légers dans ma tête. Quelle illusion ! Je tombais de nouveau au fond
du trou. La lumière s’éloignait de nouveau, me laissant dans le noir de mon ignorance, de mon désarroi.
Fatiguée, usée, vidée, épuisée, silencieuse, léthargique mais DEBOUT. Prête à continuer à braver les
intempéries de ma vie.
Le monde continue de tourner et pourtant je suis sur l’île de ma solitude. Effaçant doucement le plaisir que
j’avais à donner, à rencontrer,, à écrire, à écouter, à lire, à partager, à observer, à créer, à parler, à rire, à dire des bêtises et tellement encore… Effaçant presque le plaisir de vivre la
vie. Jusqu’à ces quelques mots… ceux d’un ami. Il m’a écrit : « Sissi, les autres font peut-être partie du retour de la lumière dans ton cœur ». Se tourner vers les autres
m’écrit-il encore, toujours.
Puis sont venues quelques semaines de repos où j’ai laissé le temps prendre possession de mes pensées, de mon
envie d’aller mieux pour combattre encore plus fort. Et puis, faut bien l’avouer, la douleur est une compagne maintenant. Elle se manifeste parfois insidieusement, parfois avec force, parfois se
fait oublier. Elle est mariée à mon quotidien, je fait avec comme on dit ! J’avance un jour à la fois.
J’ai pensé à mon ami et j’ai de nouveau ouvert les yeux. J’ai regardé autour de moi et j’ai vu des mains
tendues, pour moi… Alors, j’ai glissé ma main dans une, puis une autre, et encore une autre et elles ont recueilli, au creux de leurs paumes mes confidences allégeant le poids de ma douleur, de
mon silence.
Alors j’écris, je parle, je lis, j’écoute, je ris, j’observe, je partage, je donne, je crée, je rencontre… Je
vis. Je fais avec mais je ne baisse pas les bras, JAMAIS !
C’est avec les autres que nous sommes ce que nous sommes. Ça aide à supporter. Ça aide à croire que j’écrirai
un jour le mot FIN à ce mauvais cauchemar. J’en tirerai une leçon de vie, laquelle ? Je l’ignore encore…
Dernièrement une amie qui ne m’avait pas vue depuis un peu plus d’une semaine m’a dit « Je te trouve un
plus joli visage, plus ouvert, on a envie d’aller vers toi ».
Les autres sont un bon remède n’est-ce-pas ? C’est avec le temps comme médecin, les autres comme remède
que je retrouverai la lumière dans ma vie.
La bataille sera longue et difficile mais qu’importe. Je me retrouverai encore dans le noir mai qu’importe. Je
me briserai encore contre les écueils de la vie mais qu’importe. Qu’importe puisqu’un jour la lumière sera de nouveau là.
« Une mère, ça fait ce que ça peut, ça ne peut pas tout faire mais ça fait de son
mieux »
(© Linda Lemay – une mère)
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Je remercie chaleureusement et très sincèrement les mains qui se sont tendues. Ces mains que je tiens
maintenant chaque jour au creux de mon cœur et qui m’aident à trouver la force.
Je vous embrasse.
Votre Sissi