Lettre à vous

Publié le 12 Août 2009



Chers et Chères lecteurs, lectrices,

Chers et Chères abonnés, abonnées,

Chers et Chères amis, amies,

 

Je suis en silence depuis un peu plus de 6 mois. La moitié d’une année ! Rien n’a germé au Jardin de Sissi sauf ces trois points de suspension qui vous murmurent que la vie m’est des plus éprouvante ces derniers temps.

 
Mon cœur s’est écroulé un jour d’hiver. Je me suis trouvée face à face avec la souffrance, celle qui transperce de toute part, celle que l’on ne pense jamais trouver sur son chemin, celle qui n’arrive qu’aux autres. Et pourtant, elle m’habite, elle est là bien ancrée me tenaillant toute entière.

Que faire ? Comment faire ? Je n’en sais encore rien me trouvant devant un mur d’incompréhension, d’impuissance, de questions. Je suis totalement désarmée devant l’ennemi invisible et surnois. Je le sais tapi quelque part, profondément enfouit dans une tentative d’oubli total.

Je me bats avec acharnement ignorant contre quoi mais qu’importe. Je me bats, me battrai jusqu’au bout. Contre vents et Marées. Aussi longtemps qu’il le faudra.

C’est épuisant au point de ne me concentrer que sur ma bataille oubliant qu’il y a un monde qui continue de tourner…

Je commence à sortir de cette bulle, doucement, prudemment. Je me suis enfermée dans le pays de mes émotions. Je me suis mise en colère contre la vie.

Qu’ai-je donc pu lui faire pour mériter une telle épreuve ? Que devais-je payer ? J’ai versé un torrent de larmes. Torrent que j’ai cru tari tellement mes yeux avaient déversé l’eau de ma tristesse.

De timides lueurs de joie dans ces moments sombres m’ont fait croire à de l’espoir, m’ont fait croire que j’arrivais au bout du tunnel. Elles m’ont tiré des sourires, des rires parfois, elles laissaient éclore de petits nuages légers dans ma tête. Quelle illusion ! Je tombais de nouveau au fond du trou. La lumière s’éloignait de nouveau, me laissant dans le noir de mon ignorance, de mon désarroi.

Fatiguée, usée, vidée, épuisée, silencieuse, léthargique mais DEBOUT. Prête à continuer à braver les intempéries de ma vie.

Le monde continue de tourner et pourtant je suis sur l’île de ma solitude. Effaçant doucement le plaisir que j’avais à donner, à rencontrer,, à écrire, à écouter, à lire, à partager, à observer, à créer, à parler, à rire, à dire des bêtises et tellement encore… Effaçant presque le plaisir de vivre la vie. Jusqu’à ces quelques mots… ceux d’un ami. Il m’a écrit : « Sissi, les autres font peut-être partie du retour de la lumière dans ton cœur ». Se tourner vers les autres m’écrit-il encore, toujours.

Puis sont venues quelques semaines de repos où j’ai laissé le temps prendre possession de mes pensées, de mon envie d’aller mieux pour combattre encore plus fort. Et puis, faut bien l’avouer, la douleur est une compagne maintenant. Elle se manifeste parfois insidieusement, parfois avec force, parfois se fait oublier. Elle est mariée à mon quotidien, je fait avec comme on dit ! J’avance un jour à la fois.

J’ai pensé à mon ami et j’ai de nouveau ouvert les yeux. J’ai regardé autour de moi et j’ai vu des mains tendues, pour moi… Alors, j’ai glissé ma main dans une, puis une autre, et encore une autre et elles ont recueilli, au creux de leurs paumes mes confidences allégeant le poids de ma douleur, de mon silence.

Alors j’écris, je parle, je lis, j’écoute, je ris, j’observe, je partage, je donne, je crée, je rencontre… Je vis. Je fais avec mais je ne baisse pas les bras, JAMAIS !

C’est avec les autres que nous sommes ce que nous sommes. Ça aide à supporter. Ça aide à croire que j’écrirai un jour le mot FIN à ce mauvais cauchemar. J’en tirerai une leçon de vie, laquelle ? Je l’ignore encore…

Dernièrement une amie qui ne m’avait pas vue depuis un peu plus d’une semaine m’a dit « Je te trouve un plus joli visage, plus ouvert, on a envie d’aller vers toi ».

Les autres sont un bon remède n’est-ce-pas ? C’est avec le temps comme médecin, les autres comme remède que je retrouverai la lumière dans ma vie.

La bataille sera longue et difficile mais qu’importe. Je me retrouverai encore dans le noir mai qu’importe. Je me briserai encore contre les écueils de la vie mais qu’importe. Qu’importe puisqu’un jour la lumière sera de nouveau là.

 

« Une mère, ça fait ce que ça peut, ça ne peut pas tout faire mais ça fait de son mieux »

(© Linda Lemay – une mère)

 

_________________________________________

 

Je remercie chaleureusement et très sincèrement les mains qui se sont tendues. Ces mains que je tiens maintenant chaque jour au creux de mon cœur et qui m’aident à trouver la force.

Je vous embrasse.

 

Votre Sissi

Rédigé par Sissipaillette

Publié dans #La p'tite vie de Sissi

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Linda 13/02/2010 11:42


Je suis triste de lire cette lettre très émouvante ma chère Sissi. Je ne savais pas que tu étais dans cet état là et j'spère que tu vas mieux maintenant. Tu sais l'amitié et l'amour c'est très
important dans la vie que l'on méne one n a vraiment besoin. L'amour c'est un immense plaisir pour le coeur et il nous donne beaucoup de force et d'énergie. Mais l'amour nous donne aussi le goût de
vivre sa vie avec un grand bonheur que je partagerai avec toi ma chérie tout le long de nos vies. Cela est une certitude si Dieu le veut ma belle!!! Bon week-end ma douce et courage la vie est
belle avec toi!!!!


Aimée 26/09/2009 21:35


Coucou,Sissi,

Je comprends mieux,ton silence,mais,saches que tes amis(e) pensent à toi et que peut etre eux aussi ont besoin de toi.

Il fut un temps,ou tu nous soutenais énormément,Barbara,Lilie et moi,toutes 3 atteintes de cette maladie rare qu'est la dystonie.

Et bien,cette fois,c'est moi,qui te tends la main et n'oublie pas qu'il y aura bientot un petit etre,qui te fera oublier bien des souffrances.

Bisous ma douce.Aimée




Sissipaillette 15/10/2009 15:34



Comme c'est gentil Aimée. Je me souviens de ces partages avec vous, je ne peux les oublier et je sais que vous êtes là, d'ailleurs je me ressource aussi près de vous tu sais.
Merci pour ta gentillesse
Bisous



Patrice ADAM 17/09/2009 03:43

il y avait bien longtemp que j'étais venu.Quelle force dans cette lettre, qu'elle te serve pour la vie.Avec cette petite fille qui vient, c'est comme un message que la vie t'envoie.
Permet moi de t'embrasser de tout coeur.
 
Patrice

Sissipaillette 17/09/2009 13:57


Je crois en effet, que la vie vient de m'envoyer le plus beau des messages, la venue d'un petit être qui est déjà un beau rayon de soleil dans mon coeur.
Je t'embrasse à mon tour et te remercie pour ton retour, toujours un plaisir.


Sylviane 29/08/2009 07:45

Petit coucou ma belle...Je viens voir pour quand est prévu le prochain billet ?Hé hé, ben oui, tu peux compter sur moi pour te motiver lol.Allez hop, au boulot... non mais !Gros bisous à toi,Douces pensées et doux week end, Syl

Sissipaillette 31/08/2009 13:02


Je m'y mets de suite caporal chef...
Bisous


michel 28/08/2009 14:45

Tu fais bien ma Petite Sissi de te confier à tous tes amis aujourd'hui. Trop facile de partager ses joies. Il faut aussi se tenir les coudes en cas de coups durs. Participer et "communier" ensemble dans un même egregor fraternel. Nous sommes tous soumis au diktat de la vie et à l'imprévisible. Un jour tout est bleu, le lendemain rose, et puis patatra le noir qui fait une déferlante. Mais comme tu le dis si bien, un jour la lumière sera de nouveau là. Il ne peut pas en être autrement... "A l'envers des nuages, il y a toujours le ciel..." J'ai lu avec attention tous les commentaires de tes fidèles au Jardin. Ils sont autant d'étoiles dans ton joli ciel. Regarde les scintiller, elles te prouvent que tu n'es pas seule toi et les tiens, et que tu es aimée. D'ailleurs comment faire autrement ? Mais c'est impossible ;o).Je t'embrasse fort.(je fais nounou aujourd'hui en gardant ma dernière petite fille 8 mois... Obligé de penser à toi encore plus... (va savoir pourquoi....)PS. J'ai adoré ta dernière réponse. Fallait que je te le dise.

Sissipaillette 31/08/2009 13:01


Cette communion m'aide à me tenir debout, la tête "plus lègére", un coeur plus fort et une envie d'y arriver qui "déchire"...
La lumière éclairera mon chemin, je le sais, maintenant j'apprends la patience pour voir enfin le bout du tunnel.
Mon coeur scintille d'ailleurs de plus en plus grâce à vous...
Faire la nounou.... tu peux pas savoir comme je suis impatiente de le faire à mon tour. Ce week end, j'ai ma petite fille (oui, oui, une petite princesse...) qui a répondu à mes caresses sur le
ventre de sa maman... un moment d'émotion incroyable, d'une beauté incommensurable...
PS : ma dernière réponse sort de ce coeur où tu as une jolie place...
Je t'embrasse