
Aimer et se le dire
Jacques Salomé et Sylvie Galland
Les murs ne sont pas toujours au-dehors.
Dans tous les murs, il y a une lézarde,
dans toute lézarde, très vite,
il y a un peu de terre,
dans cette terre, la promesse d'un germe,
dans ce germe fragile, il y a l'espoir d'une fleur
et dans cette fleur,
la certitude ensoleillée d'un pétale de liberté.
Oui, la liberté est en germe
même dans les murs les plus hostiles.
La liberté peut naître d'une fissure,
d'une rupture, d'un abandon.
Elle peut naître aussi d'une ouverture,
d'un mouvement, ou d'un élan de tendresse
La liberté a de multiples visages,
elle est parfois la caresse d'un regard
qui a croisé le mien, le rire d'une parole
qui a transformé la mienne pour en faire un chemin.
Les murs les plus cachés sont souvent au-dedans
et dans ces murs aussi, il y a des lézardes...
Laisse pousser tes fleurs !
Elles sont les germes de ta vie à venir.

À … elle …
Doux comme le duvet d’une colombe,
Émouvant comme le goéland qui plane dans le bleu du ciel,
Mélodieuse comme l’eau de la fontaine qui chante au soleil,
Musical comme le bruissement du vent
dans les épais feuillages des platanes,
Jolies à l’œil comme les bigarrures de ta robe légère,
Colorés comme ces couchers de soleil que nous contemplions ensemble,
Tendres ô si tendres comme les prunelles de tes yeux,
Parfumé comme l’air du soir qui balayait les oliveraies
et les champs de lavande,
Joyeux comme ton rire qui éclatait soudain
dans le silence profond de la nuit,
Enchanteur comme le chant du rossignol niché dans le vieux mûrier devant la ferme de tes grands-parents,
Et belle, si belle, étrangement belle comme toi ô TOI qui a émerveillé, troublé et enivré mon adolescence
Et qui a été foudroyée trop jeune par un éclair trop blanc,
Quarante-six ans plus tard, tu demeures imprégnée
dans mon cœur et dans mon corps,
Dans un amarrage éternel.
©Jean Raoul Fournier

À … elle …
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Doux comme le duvet d’une colombe,
Émouvant comme le goéland qui plane dans le bleu du ciel,
Mélodieuse comme l’eau de la fontaine qui chante au soleil,
Musical comme le bruissement du vent dans les épais feuillages des platanes,
Jolies à l’œil comme les bigarrures de ta robe légère,
Colorés comme ces couchers de soleil que nous contemplions ensemble,
Tendres ô si tendres comme les prunelles de tes yeux,
Parfumé comme l’air du soir qui balayait les oliveraies
et les champs de lavande,
Joyeux comme ton rire qui éclatait soudain dans le silence profond de la nuit,
Enchanteur comme le chant du rossignol niché dans le vieux mûrier devant la ferme de tes grands-parents,
Et belle, si belle, étrangement belle comme toi ô TOI qui a émerveillé, troublé et enivré mon adolescence
Et qui a été foudroyée trop jeune par un éclair trop blanc,
Quarante-six ans plus tard, tu demeures imprégnée
dans mon cœur et dans mon corps,
Dans un amarrage éternel.
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© Jean-Raoul Fournier (2004)

LA FLAMBEE
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Ah ! Qu'il est bon quand vient le soir
De jeter dans la cheminée
Près de laquelle on vient s'asseoir
Un vieux fagot de l'autre année !...
On n'entend plus siffler l'hiver ;
On ne voit qu'un feu qui pétille
Et qui pénètre dans sa chair,
Qui vous grise et vous émoustille !
C'est comme un sourire au miroir...
Qu'il soit ardent, doux ou folâtre
Il met au coeur un grain d'espoir.
Rien n'est doux comme un feu dans l'âtre !
Autour des vieux murs qu'il rougit
Il accroche, en dansant, sa flamme ;
On l'entend, dans le soir maudit,
Qui chane à la nuit comme une âme!...
C'est un joyau dans son coffet
Que le feu dans la cheminée !
C'est la douleur dans son creuset
Que cette bûche infortunée...
Vive la flamme et son brasier !
C'est comme un coeu vivant dans l'âtre !
C'est un visage familier,
A l'oeil pétillant et folâtre.
C'est le plus vivant des tableaux ;
C'est comme un oeil plein d'espérance ;
La flamme est l'âme des flambeaux
Comme est l'amour à l'existence !...
La flamme entre au coeur du bois mort,
S'y tord, douloureuse et mordante,
Comme une amante offrant au sort
Les secrets de sa lèvre ardente.
La flamme est un baiser du feu
Qui jette un jour une étincelle
Et qui s'en va sans un adieu
Comme un inconnu qu'on appelle...
*
**
La flamme est le destin du bois,
Et le tombeau celui de l'homme ;
Sous les deux destins j'entrevois
De la cendre qui se consomme...
Mais si la cendre du foyer
N'a pas un seul mot despérance
La tembe où s'éteint la souffrance
Voit l'éternité flamboyer.
L'espoir naît quand le feu commence
Mais il mert quand le feu s'éteind ;
L'espoir naît et tout recommence
Quand le coeur de l'homme est éteint !...
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© Emile Poiteau