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UN MOMENT D’EXTASE |

Que cette promenade au Jardin vous soit des plus agréable.
N'hésitez pas à me laisser une marque de votre passage
en me laissant un petit commentaire.
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Je vous invite à découvrir mon 2e blog : "La Grange aux Créations".
Un clic sur le timbre et vous y êtes....
© Design du Jardin de Sissi par Sissipaillette - 2006 - 2008 ©
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UN MOMENT D’EXTASE |

L'Amour
(© Emile Poiteau)
Je vis un jour dans mon chemin
Quand j'avais l'innocence en main
Et que je marchais solitaire
Une ombre apparaître au lointain ;
On lisait à son front : "destin",
Dans ses yeux ce seul mot : "Mystère"...
En m'avançant l'ombre avançait ;
Quand je chantais l'ombre chantait...
Ses doigts essayaient une lyre ;
Son visage avait trait pour trait
La pâleur qu'avait mon portrait ;
Son sourire était mon sourire...
Soudain l'ombre, ouvrant son manteau,
Me fit voir sur elle un flambeau
Qu'elle avait au coeur sous un glaive...
- Prends, me dit-elle, ôjouvenceau,
"Ce coeur qui te semble si beau ;
Sa lumière est faite de rêve !..."
Et depuis lors j'ai sous mon sein
Ce flambeau qu'on éteint en vain
Et qui chaque jour se rallume.
Son éclat se donne au voisin
Que l'on rencontre en son chemin...
Le coeur avec lui se consumme !
Et ce flambeau qu'on m'a donné,
Que moi-même j'ai redonné
Avec un baiser d'espérance,
Il est là qui brûle obstiné
Dans mon vieux coeur abandonné,
Eclairant pour moi une souffrance !
Je le jure, au seuil du tombeau
Son éclat me semble encor beau...
Mais hélas ! la route est gravie...
Ah l'amour !... glorieux flambeau,
Joyau du coeur, divin fardeau,
O doux compagnon de ma vie !...
LE POÈME
Djamel Mazouz

Le poème est un chant pur
Il est dit sans effet et sans effort
Accordé à la voix et au souffle
Il laisse passer
Sans rien exiger.
Il est comme une pièce d’or
Que l'on ignorait pouvoir trouver dans une ornière
Il s'adresse au cosmos
Et à chaque fibre d'un autre humain
Un poème ne bavarde pas
Et ne superpose des images
Comme on empile des livres sur une table

Cette création est faîte à partir d'une photo de Lorrainemd
En soi à te peindre
J’aimerais
Pleurer dans tes mots
Mon bel amant
Si pur et si doux
Dans le cœur
Respirer
Les fleurs de ta peau
Mon choix de l’âme
Au parfum d’oiseau
Dans la tête
Capturer
Tes bleus inconscients
Mon clair-obscur
En soi à te peindre
De corps nu
© Joane Michaud

CET AMOUR
[Jacques Prévert]
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Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C'est le tien
C'est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelles
Et qui n'a pas changé
Aussi vraie qu'une plante
Aussi tremblante qu'un oiseau
Aussi chaude aussi vivante que l'été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi j'écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s'aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Là où tu es
Là où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t'en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t'avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n'avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n'importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d'un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.